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Promenade autour du monde pendant les années 1817, 1818, 1819 et 1820, sur les corvettes du Roi «L'Uranie» et «La Physicienne», commandées par M. Freycinet
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Itinéraire :
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Date :
du 15 août 1817 à la fin de 1820, sans date de fin précise
Type :
voyage de mœurs fait en bateau, en voiture, en pros et à pied
Esthétique :
«D’ailleurs, un voyage n’est pas un ouvrage classique, un cours d’éloquence, un modèle de style»(I/XIV).
«Croyez-moi, trop de pureté entraînerait l’ennui. On ferait attention à l’élégance, et non aux faits. J’écris pour citer des faits»(I/XV).
«Je me suis abstenu de parler de science dans ma relation historique, parce que j’ai dû laisser à M. Freycinet, [...], le soin d’indiquer au lecteur les routes qu’il a suivies pour arriver à ses résultats; [...]»(I/XVII).
«Trop ignorant pour approfondir les secrets de la nature, je me contenterai de rapporter les faits, tels que je les aurai observés. Mais quand je te dirai: J’ai vu telle chose, je l’aurai vue réellement; et, à l’exemple de tant d’intrépides narrateurs, qui, sans sortir de leur cabinet, ont fait le tour du Monde, je n’irai pas, sottement plagiaire, chercher du merveilleux et du romanesque pour fixer ton attention et piquer ta curiosité»(I/6).
«Le voyageur éclairé, jaloux d’étudier, dans des courses plus ou moins rapides, les mœurs des peuples de l’Europe et des nations les plus sauvages de l’Asie et de l’Afrique, est conduit à la découverte de la vérité par des routes plus faciles que celles qu’est forcé de tenir le navigateur audacieux qui visite les lieux dont l’Océan semblait lui défendre l’approche. Tout dirige le premier; chaque pas lui offre une observation nouvelle, chaque regard un moyen de la développer. Il trouve plus facilement la cause de la supériorité d’un peuple sur un autre; il en pénètre les motifs; il les discute avec plus de sûreté. C’est le pays qu’il vient de quitter qui lui offre mille ressources pour indiquer les contrastes qu’il aperçoit dans le pays voisin; et c’est la splendeur ou la chûte de celui-ci qui lui explique la grandeur ou la décadence d’une nation rivale. Dans les détails même, que de précieuses découvertes ne peut-il pas faire! Une pierre lui dit souvent l’histoire d’une province; tout parle à l’œil du véritable observateur. La vérité, dans la nature, ne se déguise pas comme dans les palais des souverains; et l’histoire des monumens d’un pays est bien souvent celle des peuples qui l’ont habité. Le navigateur, cependant, qui après une longue traversée arrive dans un pays nouveau pour lui, ne peut, du premier coup-d’œil, découvrir la cause des usages qui l’étonnent, ou des mœurs qui le frappent. Il n’a que des souvenirs pour guides de ses recherches; le point de comparaison n’est pas là; il est arrivé seul, pour ainsi dire, sur une terre inconnue; et tandis qu’attentif et silencieux, il parcourt d’un œil curieux, les lieux témoins de ses observations, lui seul, pour le peuple qu’il vient étudier, est un objet de curiosité; lui seul est extraordinaire dans un pays où tout lui paraît extraordinaire»(I/56-57).
«Si la fécondité est, en général, une qualité précieuse pour un écrivain; si les traits heureux d’une brillante imagination répandent souvent plus de charme dans la lecture d’un ouvrage quelconque, je doute qu’elle soit très-utile au voyageur jaloux de retracer avec exactitude l’histoire des pays et des peuples qu’il visite. Il me semble qu’entraîné par le désir de plaire, il lui serait difficile de se maintenir dans de justes limites: il dépasserait la vérité; car il aurait vu avec cet enthousiasme que ne peut partager son lecteur. Souvent même, ébloui par la richesse de ses pensées, il la chercherait en vain où elle se trouve, et ne donnerait qu’une fausse idée d’un peuple dont on désire connaître exactement les mœurs et les usages. Le portrait moral d’un voyageur devrait être placé en tête de l’ouvrage qu’il publie, afin que, certain des principes et des qualités de l’auteur, celui qui cherche à s’instruire pût facilement discerner la verité»(I/158).
«Il était facile à Bernardin de jeter de l’intérêt dans son roman, sans altérer la topographie des lieux. Il avait habité l’Ile-de-France; il voulait que son livre fût réputé historique, et il a lui-même prêté des armes à la critique. Si je relis Paul et Virginie, je sens que je serai moins ému, car je connais des détails qui détruiront à mes yeux tout le charme de mes premières lectures. Les amours des deux enfans me paraîtront un jeu de l’imagination de Bernardin, et quand je voudrai trouver des consolations à leurs peines, je me dirai: leurs peines sont des fictions»(I/200).
«Ah! laissons ces peuples si bons à leurs premières habitudes, à leurs premiers penchans; pourquoi leur apporter des désirs et des besoins? Si le repos, l’aisance, la tranquillité, le plaisir font le bonheur, ils sont heureux: que leur faut-il encore? Voulez-vous leur proposer en échange l’intérêt, l’amour de la gloire, l’avarice, la jalousie, et toutes les passions qu’ils ignorent, et qui règnent dans notre sage Europe? ils vont se rire de vous, vous laisser à vos préjugés, et retourner gaîment à leurs cabanes»(II/192).
«Je ne suis pas de ceux qui disent: Tel usage est contraire aux institutions de mon pays, je ne veux pas m’y soumettre. Avec de pareils principes, on ne sera jamais bien chez l’étranger; et parmi les nations sauvages ou à demi-civilisées, on s’exposera imprudemment aux plus grands périls, sans avoir le droit de se plaindre des malheurs qui peuvent arriver. Le mieux, je crois, est de se prêter de bonne grâce aux habitudes des pays qu’on parcourt, et de supporter avec patience les travers ou les ridicules qu’on n’a pas le pouvoir de changer. Celui qui voyage pour étudier doit tenir une autre conduite que le philosophe qui veut instruire, ou le législateur qui cherche à modifier. Pour moi, j’ai vu, j’ai loué, j’ai blâmé intérieurement; [...]»(II/217-218).
«[...] je sens, ici surtout, que lorsqu’on est éloigné de sa patrie de tout le diamètre de la terre, on n’est ni Russe, ni Anglais, ni Espagnol, ni Français: on est Européen, on est du même pays»(II/355).
«Je n’ai pas voulu te promener avec nous pendant cette longue traversée, ou faire louvoyer ton esprit avec notre corvette, parce que j’ai pensé que tu n’étais pas très-avide de ces détails nautiques qui tuent l’intérêt sans apprendre rien de nouveau. Tu as dû remarquer que j’ai toujours été fort avare de marine; et, si la première raison est mon ignorance absolue dans cette partie, la seconde est le peu de prix qu’on y attache, aujourd’hui surtout que la navigation a fait tant de progrès»(II/388-389).
Références bibliographiques
Lieu :
Paris
Année :
1822
Editeur :
Leblanc
Volume :
2 vol.
Nombre d'exemplaires :
XXXIV [XXX]-452, III-506 pp.
Format :
in-8
Annexes :
atlas in-fol
Autre édition :
Promenade autour du monde, avec une biographie de Jacques Arago, par H. Duclos. Paris (Pillet) 1825. Paris (libr. ill.) 1892, in-16.