Aller au contenu principal
Otahiti. Au Pays de l’éternel Été
Auteur :
Destination :
Forme :
À propos
Itinéraire :
San-Francisco - traversée de la Nouvelle-Cythère - Papeete (exc. à travers l’île et à l’île Moorea, à la presqu’île de Taravao, à Port-Phaéton et à Tautira)
Date :
sans date
Type :
voyage d’histoire naturelle et de mœurs, fait en bateau, en pirogue, à cheval, en voiture et à pied
Esthétique :
«Dans les pages qui suivent, je me suis efforcé de donner à ceux qui n’ont pas vu Tahiti une idée aussi exacte que possible des réalités, triviales autant que poétiques, qui s’offrent à l’observation du voyageur de quelque culture qui arrive de nos jours dans cette île charmante sans idée préconçue et sans autre intention que de regarder objectivement ce qui s’y passe. Tout le monde en France a entendu parler de Tahiti, et même en parle: il n’est pas chez nous de petit bourgeois, à peine frotté de littérature qui, s’il vous arrive de mentionner ce nom dans une conversation, ne fasse aussitôt comme automatiquement, et avec le même sourire entendu qu’ont les globe-trotters quand ils évoquent entre eux les passe-temps du Japon, allusion aux charmes de l’amour dans l’île paradisiaque où les jeunes filles ne se promènent que couronnées de fleurs. A cette vision peu chaste qu’ils entretiennent une fois pour toutes dans leur esprit, s’arrête d’ailleurs leur connaissance de la Nouvelle-Cythère. C’est qu’en réalité, l’image que les Français se font de ce pays a été créée et popularisée chez eux par le roman de Loti, qui est une œuvre d’imagination. Aucun livre n’a été publié en Europe, sur Tahiti, de nos jours, qui puisse renseigner ceux qui n’ont pas eux-mêmes visité l’île»(IX-X).
«Bien que Cook n’eût rien d’un littérateur, et peut-être précisément pour cette raison, il a su comprendre d’une certaine façon simple et juste ce qui, dans la beauté de Tahiti, est éternel. Certains passages de son livre, malgré la différence des époques, et probablement à cause de la parfaite sincérité, sans apprêt, qu’il a apportée à décrire, peuvent même aujourd’hui évoquer pour un lecteur lointain ce qui fait le vrai charme de ce pays de l’éternel été, dans son état actuel. Pour moi, je m’estimerai satisfait si je réussis à le faire sentir à mes lecteurs, ce charme, en même temps qu’à leur donner une idée juste de ce qu’un de leurs contemporains, soucieux de véracité et amoureux de la nature, débarquant à Tahiti cent trente-sept ans après Cook, y découvre en observant de son mieux ce petit monde lointain. Pas plus qu’une œuvre littéraire d’imagination pure, je ne prétends ni ne désire faire un travail de stricte documentation, ethnographique ou scientifique; je veux seulement tenter de donner à ceux de mes compatriotes, qui ne peuvent espérer de voir jamais Tahiti autrement que par les yeux d’autrui, une impression exacte du pays, en leur racontant ce que j’ai vu. Je souhaite qu’ils puissent trouver dans ce simple récit de voyage un peu de la couleur et de l’atmosphère qui m’ont paru être celles des choses de là-bas. Comme j’ai passé à Tahiti tout juste six semaines, en y comprenant le temps que je consacrai à la visite de Moorea, l’île voisine, il ne m’était guère possible d’apporter autre chose que des impressions. Je n’ai pu me mêler à la vie des Tahitiens assez longtemps pour bien étudier leur psychologie, mais [...] j’ai pu au moins constater et je puis montrer [...] que la notion qu’on s’en fait généralement en France est tout à fait fausse»(XIII-XV).
Références bibliographiques
Lieu :
Paris
Année :
1911
Editeur :
Libr. Armand Colin
Nombre d'exemplaires :
XVIII-261 p.
Format :
in-16