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Mémoires de Hector Berlioz, membre de l'Institut de France, comprenant ses voyages en Italie, en Allemagne, en Russie et en Angleterre (1803-1865)
Auteur :
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Forme :
À propos
Itinéraire :
I. [du début 1831 ?] au mois de mai 1832
Paris - Marseille - Livourne - Florence - Sienne - Rome - Florence - Gênes - Nice - Gênes - Rome (exc. à Subiaco) - Naples (exc. à l’île Nisida) - Capoue - San-Germano - Isola di Sora - Veroli - Alatri - Anticoli - Arcinasso - Subiaco - Tivoli - Rome - Tivoli - Albano - Palestrina - Ponte-Molle - Florence - Lodi - Milan - mont Cenis - Paris

II. 1841-1842
Paris - Mayence - Francfort - Stutgard - Hechingen - Stutgard - Manheim - Francfort - Weimar - Leipzig - Dresde - Brunswick - Hambourg - Berlin - Hanovre - Cassel - Francfort - Darmstadt - Paris

III. s. d.
Paris - Nancy - Augsbourg - Ratisbonne - Lintz - Vienne - Pesth - Prague [- Breslau - Paris]

IV. du 14 février 1847 en été [1847 ?]
Paris - Berlin - Tilsitt - Taurogen - Saint-Pétersbourg - Breslau - Moscou - Saint-Pétersbourg - Riga - Berlin - Paris
Date :
entre 1831 et 1847 [?]
Type :
recueil de quatre tournées musicales, faites en brick, en berline, en barque, à pied [I], en chemin de fer [II], en voiturin, en bateau à vapeur [III], en voiture de poste et en traîneau de fer [IV]
Esthétique :
«Il fallait bien toujours revenir dans cette éternelle ville de Rome, et s’y convaincre de plus en plus que, de toutes les existences d’artiste, il n’est pas de plus triste que celle d’un musicien étranger, condamné à l’habiter, si l’amour de l’art est dans son cœur. Il y éprouve un supplice de tous les instants, dans les premiers temps, en voyant ses illusions poétiques tomber une à une, et le bel édifice musical élevé par son imagination, s’écrouler devant la plus désespérante des réalités; ce sont, chaque jour de nouvelles expériences qui amènent constamment de nouvelles déceptions. Au milieu de tous les autres arts pleins de vie, de grandeur, de majesté, éblouissants de l’éclat du génie, étalant fièrement leurs merveilles diverses, il voit la musique réduite au rôle d’une esclave dégradée, hébétée par la misère et chantant, d’une voix usée, de stupides poëmes pour lesquels le peuple lui jette à peine un morceau de pain. C’est ce que je reconnus facilement au bout de quelques semaines. A peine arrivé, je cours à Saint-Pierre ... immense! sublime! écrasant!... voilà Michel-Ange, voilà Raphaë., voilà Canova; je marche sur les marbres les plus précieux, les mosaïques les plus rares... Ce silence solennel... cette fraîche atmospère... ces tons lumineux si riches et si harmonieusement fondus... Ce vieux pèlerin, agenouillé seul, dans la vaste enceinte... Un léger bruit, parti du coin le plus obscur du temple, et roulant sous ces voûtes colossales comme un tonnerre lointain... j’eus peur... il me sembla que c’était là réellement la maison de Dieu et que je n’avais pas le droit d’y entrer. Réfléchissant que de faibles créatures comme moi étaient parvenues cependant à élever un pareil monument de grandeur et d’audace, je sentis un mouvement de fierté, puis, songeant au rôle magnifique que devait y jouer l’art que je chéris, mon cœur commença à battre à coups redoublés. Oh! oui, sans doute, me dis-je aussitôt, ces tableaux, ces statues, ces colonnes, cette architecture de géants, tout cela n’est que le corps du monument; la musique en est l’âme; c’est par elle qu’il manifeste son existence, c’est elle qui résume l’hymne incessant des autres arts, et de sa voix puissante, la porte brûlant aux pieds de l’Éternel. Où donc est l’orgue?»(149-150).
Références bibliographiques
Lieu :
Paris
Année :
1870
Editeur :
Michel Lévy frères
Nombre d'exemplaires :
512 p.
Format :
gr. in-8
Annexes :
portr.; récits de voyage: pp. 112-182, 231-327, 344-395, 401-426
Autre édition :
Paris (C. Lévy) 1878, 2 vol., in-18. Paris (C. Lévy) 1881, 2e éd., 2 vol., in-18.