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Conférencier / conférencière :

Le Voyage à Madagascar d'Ida Pfeïffer (1857) offre l'exemple d'un regard déstabilisé sur la religion d'un pays qui apparaît particulièrement étrange à une voyageuse pourtant très expérimentée si l'on considère le nombre des contrées où elle a séjourné, En fait, Ida Pfeïffer a la conviction qu'il n'existe aucune religion à Madagascar, sans doute parce qu'elle n'aperçoit ni dogme ni clergé ; les Malgaches, affirme-t-elle, ne croient ni en un dieu, ni en l'existence de rame. L'auteur de cette relation de voyage semble représenter la radicale altérité d'une conception du monde totalement différente de celle qu'elle rencontre et qu'elle ne perçoit donc pas. Son regard est totalement orienté par le prisme chrétien ; c'est à cette nonne qu'elle se réfère sans cesse. C'est d'ailleurs la question du christianisme qui dramatise son récit et le transforme en tragédie, semblable à celle que connurent les premiers chrétiens du temps de Néron. Ida Pfeïffer se trouve mêlée à un complot visant à destituer la reine Ranavalona 1, et emportée par la vague des persécutions contre les chrétiens accusés à cette occasion. Elle n'échappe que de justesse à la mort. Le Voyage à Madagascar met donc en scène l'affrontement de deux religions, même si l'une est considérée dans son absence, à travers deux femmes, une reine et une voyageuse : la féminité modifie-t-elle l'altérité ressentie ? Cette interrogation sera sous-jacente à notre réflexion sur l'impact d'une religion étrangère et la représentation du monde qu'elle véhicule, lorsqu'elle rencontre une tradition religieuse fort différente.

Référencé dans la conférence : 14e Colloque international du CRLV : Récit de voyage et religion
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