Tous les numéros d'Astrolabe

Mai / Juin 2009

25|2018

« Les pirates de la mer continuent à frapper, 18 bateaux attaqués, 292 membres des équipages prix en otage et 63 enlevés avec demande de rançon ». Bateaux, pirates, captifs, rançon, armes a feux… Ce n’est pas une chronique d’il y a quelques siècles mais le contenu d’un quotidien européen du XXIe siècle qui, comme tant d’autres pendant ces dernières années relate d’une situation des mers que l’on croyait confinée aux siècles passés.

Tania Manca

Mars / Avril 2009

24|2018

« Trois fois j'ai fait naufrage. Il m'est arrivé de passer un jour et une nuit dans l'abîme ! Voyages fréquents, dangers des rivières, dangers de brigands, dangers de ceux de ma race, dangers des nations, dangers à la ville, dangers au désert, dangers en mer, dangers parmi les faux frères ! Labeur et fatigue, veilles fréquentes, faim et soif, jeûnes répétés, froid et nudité ! » (Cor. 11, 25-26). Au cours des années de sa prédication, Saint Paul a été un grand voyageur, tout en parcourant de longues distances à pieds et en bateau, pendant ses trois voyages missionnaires, sans compter son dernier voyage, celui de la Captivité, vers Rome. D’Antioche à la Pamphile, de la Galatie à la Mysie et à la Grèce, Paul contribue à fixer l’image de l’homo viator, si important dans la culture chrétienne, l’homme en tant qu’étranger, voyageur sur la terre, soit en chemin vers la Jérusalem céleste, soit condamné à l’errance comme Caïn. Les voyages de Paul sont un des thèmes principaux de cette année paulinienne, auxquels plusieurs ouvrages et plusieurs sites sont dédiés, non seulement comme étude théologique, mais aussi comme esquisse historique et littéraire.

Alessandra Grillo

Janvier / Février 2009

23|2018

Le voyage a bonne presse, le mot-clef est devenu un sésame dans « le langage des communicants ». Christophe Colomb n’aurait plus besoin de faire miroiter son Eldorado pour obtenir des subsides, le seul mot de traversée suffirait. Mais cette bonne fortune ne se fait-elle pas au risque d’une certaine dévaluation linguistique ? Ne sommes-nous pas en train d’assister à la catachrèse du mot voyage ? Car ce qui est célébré est la capacité de déplacement, la vitesse, la prouesse technique, en dehors de la difficulté, de la lenteur, du malentendu, de l’échec qui étaient autant d’étapes, de stations pour atteindre finalement à la connaissance. Doit-on dès lors en appeler à une réaction sédentaire ? Revenir plutôt au propos critique de Gilles Deleuze pour qui le voyage est « de la rupture à bon marché » et qui ayant imaginé le concept du nomadisme précise aussitôt : « les nomades ne voyagent pas, ils sont immobiles, ils s’accrochent à leur terre, c’est à force de vouloir rester sur leur terre qu’ils nomadisent ». A méditer.

Jean-François Guennoc

Novembre / Décembre 2008

22|2018

L’information aujourd’hui se sert de plus en plus des voies électroniques pour voyager. L’éther est son espace, son lieu de déplacement. Il est vrai que le monde d’internet, le monde digital sont aujourd’hui une source précieuse pour le chercheur. Les sciences humaines trouvent dans cet espace toute leur place et ont contribué depuis le tout début à nourrir cette Bibliothèque virtuelle. L’état de ce développement est étudié par plusieurs Centres de recherche et diverses structures, entre autre par le tout récent DHO (Digital Humanities Observatory), né en Irlande en 2007. Le domaine du voyage a contribué largement à l’enrichissement de la Bibliothèque virtuelle ; nous proposons dans notre rubrique Liens un petit échantillon de sites consacrés au voyage et qui se servent du net pour enrichir, échanger, faire voyager le voyage.

Tania Manca

Septembre / Octobre 2008 ITINÉRANCES FÉMININES

21|2018

La revue Astrolabe a le grand plaisir de présenter son premier numéro spécial, Itinérances féminines, dédié aux femmes et aux voyages au féminin. Pour un sujet si vaste, il faut forcément choisir des pistes de travail, car il serait impossible de faire la lumière sur toute la littérature viatique féminine. Avec Efstratia Oktapoda, qui a collaboré à l'édition de ce numéro, on espère donc de faire voyager les lecteurs aux quatre coins du monde, de l’Arctique à l’Égypte, de la Grèce à l’Inde, avec une longue section dédiée au voyage en Orient, aux époques moderne et contemporaine, en compagnie de voyageuses notamment anglaises, françaises, américaines et suisses. Le numéro présente en particulier un ensemble d’articles sur un des voyages les plus célèbres du panorama féminin, l’itinéraire en Afghanistan d’Ella Maillart et d’Annemarie Schwarzenbach. Les études comparées qui caractérisent Astrolabe se reconnaissent encore une fois dans la volonté de présenter au public des études non seulement vouées à la littérature de voyage, mais aussi au voyage en littérature, en quête de nouveaux chemins de recherche, pour découvrir des voyageuses inconnues et pour redécouvrir des femmes célèbres, consacrées désormais à l’Olympe des « Itinérances féminines ».

Alessandra Grillo

Juillet / Août 2008

20|2018

Une tribu oubliée dans la forêt amazonienne, vierge de civilisation, épargnée par elle, mais observée par tout un monde depuis le ciel dont nous avons la maîtrise et cernée par des téléobjectifs plus précis que ces flèches devenues inoffensives.
Voilà l’image qui nous atteint et avec elle un souvenir, celui de la « Leçon d’écriture » de Claude Lévi-Strauss dans Tristes tropiques: « L’emploi de l’écriture à des fins désintéressées, en vue de tirer des satisfactions intellectuelles et esthétiques, est un résultat secondaire, si même il ne se réduit pas le plus souvent à un moyen pour renforcer, justifier ou dissimuler l’autre ».
Ne pouvons-nous pas désormais dire de même de l’image ? Ces photographies captivent, elles rafraîchissent notre mémoire, réveillent notre conscience, nous plongent dans ce que nous ne sommes pas, ou plus - mais l’avons-nous jamais été ? - ce qu'assurément nous ne saurions plus être et qui nous fait pourtant face.
Est-ce du regret, la nostalgie d’un paradis perdu ? L’idée du paradis a elle-même bien vécue. Reste donc la perte qui tente toujours, et ces images comme des vanités. Un monde perdu dans la forêt.

Jean-François Guennoc

Lien vers les photographies

Mai / Juin 2008

19|2018

Le voyageur est-il un homme apatride, un citoyen du monde, un individu qui n’appartient plus à son pays ni aux pays qu’il visite? Quoi qu’il en soit, le voyageur soit-il un homme du passé ou du présent est une figure complexe et souvent insaisissable. D’après les nombreux récits de voyage l’homme qui part et l’homme qui revient n’est plus la même personne. L’apprentissage du monde, du nouveau et de l’autre constitue une partie des éléments du renouveau. Le voyage est donc vecteur de changements, comme en témoignent aussi les voyages de formation et les voyages initiatiques. Les récits de voyages deviennent ainsi le réceptacle de la métamorphose du voyageur.

Tania Manca

Mars / Avril 2008

18|2018

Au cours de ces deux ans de vie, Astrolabe s’est souvent occupé de « livres de voyage », en nous faisant voyager à travers les mots d’autres personnes. Pourquoi ne pas, pour une fois, parler de « livres en voyage » ? En 1996, trois chameaux ont parcouru pour la première fois la région nord orientale du Kenya, chargés de livres à amener aux tribus nomades. « Si les villageois ne peuvent pas aller à la bibliothèque, ce sera à la bibliothèque d’aller chez les villageois » : voilà la pensée du bibliothécaire de Garissa, Wycliffe Oluoch, qui a fait naître le projet de la Mobile Camel Library. Dans son récent roman The Camel Bookmobile, Masha Hamilton a permis au grand public de découvrir ce précieux travail de diffusion de la culture dans le milieu du désert, où les personnes n’ont pas seulement soif d’eau, mais aussi d’apprendre et de communiquer.
http://www.mashahamilton.com/

Alessandra Grillo

Janvier / Février 2008

17|2018

Ettore Sottsass est mort, le 31 décembre 2007. Il était l’auteur du Regard nomade, un architecte célèbre et un grand voyageur.

Tout est dans la coordination.

Ce banal outil de conjonction n’a, en effet, rien d’évident. Nombreux sont les hommes qui se déplacent, qui vont et viennent de par le monde. Plus rares sont ceux qui voyagent réellement. Chez eux, le transport échappe à la circonstance pour devenir figure, forme, signe. En un mot il trouve un sens dans ce mouvement allégorique. Cela n’a rien à voir avec la verroterie des choses vues et le patrimoine des impressions. Le voyage, chez Sottsass, a nourri son univers de structures et d’objets. Entre l’expérience du monde et la création, il y eut un geste véritable de coordination et d’incarnation : un usage.

Comme en hommage, ce numéro fait la part belle à ces hommes qui par aventure, par métier ou par occasion se sont faits voyageurs et ont affrontés à leur tour cette question de liaison entre la vie, l’art ou la science. Il s’ouvre sur une galerie d’hommes illustres (Ernest Chantre, Eduard Otto, Henry Russell) dont la célébrité, véritable, n’est guère commune.

Jean-François Guennoc

Novembre / Décembre 2007

16|2018

Le congrès Borders & Crossings / Seuils et Traverses / Confini e Crocevia, a vu cette année sa septième édition en Italie, organisé sous l’égide du CRLV, après avoir fait le tour de l’Europe. En 2008, ce ‘congrès voyageur’ s’apprête à fêter son dixième anniversaire aux antipodes de l’Europe, à Melbourne, en Australie. Son succès à niveau international et sa qualité connaissent une remarquable croissance. L’objectif de proposer, lors de ses rencontres, un état des lieux de la recherche sur le domaine des études du voyage évolue sous le signe de la continuité. La diffusion de la recherche et des débats enrichissants qu’elle suscite sont garantis par la publication des actes que pour cette septième édition paraîtront en fin 2008 . Dens le n°16 de la revue Astrolabe nous proposons un dossier concernant ce congrès à vocation comparatiste multilingue et pluridisciplinaire.

Tania Manca

Septembre / Octobre 2007

15|2018

Quand on cite le mot « pèlerinage », on pense immédiatement au pèlerinage en Terre Sainte ; on pense peut-être au pèlerinage sur le tombeau des apôtres, au chemin de Canterbury et à celui de Compostelle. La littérature (et non seulement celle de voyage) du Moyen Âge et du début de l’âge moderne nous fait penser surtout à un domaine religieux, mais les hommes de lettres et de sciences du XVe siècle, de l’âge des Lumières et du romantisme nous font réfléchir sur un pèlerinage littéraire, culturel, par exemple sur le tombeau des « grands hommes » : voyons les étapes des voyageurs dans le cimetière du Verano à Rome, dans l’église de Sainte Croix à Florence avec ses « Sepolcri », dont Ugo Foscolo est le chanteur. Il reste aujourd’hui le sens du pèlerinage comme hommage à certains lieux, soit de grande souffrance, comme Ground Zero, Auschwitz ou Dachau, soit devenus tristement célèbres au niveau de la chronique (et je pense aux soi-disant « pèlerins de la flamme d’or » sur le Pont de l’Alma) ; il faut remarquer, par contre, l’aspect de consommation qu’il y a dans d’autres lieux, desquels le « touriste » ne ramène pas un récit de voyage, mais une photographie, dans lesquels il ne laisse pas de signe d’hommage, mais une bise sur la pierre tombal d’Oscar Wilde.

Alessandra Grillo

Juillet / Août 2007

14|2018

Astrolabe, la revue en ligne du CRLV, peut désormais se lire les yeux fermés. Au sommaire, en effet, deux comptes rendus d’ouvrages sous forme d’enregistrements sonores réalisés lors du dernier festival Etonnants Voyageurs. Ces quelques paroles glanées au cours de lectures ou de discussions publiques s’ajoutent aux autres articles scientifiques publiés dans ce numéro pour former ce qui serait idéalement comme une chambre d’échos. Echos des paroles d’écrivains, d’éditeurs, mais aussi de chercheurs, bref de tous ceux qui ont en partage la passion des lettres, de leur écriture comme de leur lecture.
Ces paroles ne nous invitent-elles pas à retrouver ce plaisir très ancien dont l’Odyssée, le premier des récits de voyage, parlait déjà : le plaisir de la conversation et de la déclamation, ces lieux où s’éprouve naturellement la puissance du langage, où se confondent le conteur et le personnage, la réalité et la fiction. Soyons comme le roi Alcinoüs devant l’aède, réjouissons-nous d’écouter « un homme qui connaît bien la cithare et le chant », « la nuit est encore bien longue, et l'heure du sommeil n'est point arrivée. Continue donc à nous raconter tes histoires merveilleuses. J'attendrai même le retour de la divine Aurore » (Odyssée, Chant XI).

Jean-François Guennoc

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