Voyages sur terre et aux enfers dans l'opéra du XVIIIe siècle

L’opéra se sert souvent du thème du voyage pour alimenter une intrigue, comme le fait le théâtre, mais avec plus de liberté que le théâtre classique, quoiqu’il figure souvent avant l’action, ou en dehors d’elle (Idoménée, Cosi fan tutte). Cependant il est un voyage pleinement représenté sur la scène au XVIIIe siècle et sur lequel nous aimerions attirer l’attention : le voyage aux Enfers. Il permet les ballets avec des monstres et un déferlement de l’imaginaire en liberté (Castor et Pollux, par exemple). Il s’agit d’un Enfer qui est plus proche de l’Antiquité que du Christianisme, et où les divinités antiques ont un grand rôle. La descente aux Enfers permet non seulement un déchaînement imaginatif pour les décors et les ballets, mais aussi des audaces proprement musicales, dans les dissonances, dans les tessitures, dans les mélodies, les harmonies, l’instrumentation. Ces actes de l’opéra répondent aussi à une aspiration profonde : imaginer que l’on revienne du voyage sans retour. Comme l’opéra, à la différence de la tragédie, se termine bien, on y voit « deux fois le rivage des morts » ; mais ce retour n’est pas absolument sans réserve : Orphée est revenu avec Eurydice, mais Eurydice meurt à nouveau ; Castor et Pollux ne vivront pas sur terre, mais deviendront des astres. On terminera avec quelques réflexions sur la destinée de cette scène au XIXe siècle, soit sur un registre fantastique (Berlioz), soit sur un mode parodique (Offenbach).

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15h30