Un volcan androgyne : la grâce selon Casanova

L'intitulé de l'exposé dénote l'aspect le plus original de l'imaginaire du volcan dans L'Icosameron de Casanova. Il sera question de relier cet aspect symbolique au discours religieux développé par Casanova dans l'utopie mégamicre, ce qui suppose une relecture de cette œuvre selon un axe qui n'a jamais été exploré : quel lien unit l'organisation sociale et religieuse de la société et la sortie volcanique hors de cette société utopique ? Si l'utopie se présente comme une explication "vraisemblable", selon Casanova, du premier récit de la création dans la Genèse, la sortie de l'utopie est une réécriture de l'expulsion d'Adam et Eve ; elle se trouve, cependant, totalement renouvelée du fait qu'elle se révèle non pas condamnation mais effet de la grâce divine pour la race des géants qui tentait de coloniser le paradis mégamicre androgyne. Or c'est le motif du volcan qui devient le creuset de cette grâce opérant en un système alchimique inversé : il y a fusion et disparition de l'or ! Opérations qui correspondent à la transmutation des êtres.
D'autre part, le volcan est ici un motif androgyne en parfaite concordance avec l'univers mégamicre lui-même androgyne ; et ce n'est pas par hasard si cette figure de l'androgynie devient source de souffrance, de rédemption et de grâce.

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