Lettres et images d'ailleurs et d'ici : le Caput Bonae Spei Hodiernum de Peter Kolb - sa rédaction, sa diffusion et sa réception en Europe et au Cap de Bonne Espérance au 18e siècle.

En 1741, le prussien Peter Kolb fait paraître à Amsterdam un volumineux et coûteux in-folio : le Caput Bonae Spei Hodiernum. Parce que l'auteur a vécu plusieurs années dans cette ville et parce que son enquête est particulièrement détaillée, sa description du Cap fait rapidement autorité en Europe. Traduite, réimprimée, corrigée à plusieurs reprises : elle séduit Voltaire, Banier, Demeunier. Au fil des décades cependant, cette autorité est jugée usurpée. Au Cap puis en Europe, l'ouvrage fait l'objet de vives critiques : rejoignant les résidents dans leur jugement, ceux qui reviennent du Cap ne voient en Kolb qu'un affabulateur. Dans le second tiers du dix-huitième siècle, dans l'imaginaire collectif, la vision du Hottentot est issue de l'oeuvre de Kolb. En Europe et au Cap, le Hottentot n'est pas vu, perçu, décrit de la même manière. Les textes et images auxquels il donne lieu, fruits de regards croisés, sont donc à la fois d'ailleurs et d'ici. Via l'analyse de la rédaction, de la diffusion et de la réception du Caput Bonae Spei Hodiernum en Europe et au Cap et via les adhésions et résistances auxquelles a donné lieu la lecture de cet ouvrage sur presque un demi-siècle, il s'agira donc de montrer comment s'est construite une double imagerie.

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