Le volcan dans l'opéra-ballet et le théâtre à machines (XVIIe siècle)

L'objet de cette communication est la représentation scénique du volcan dans les fêtes médicéennes (entre 1572 et 1635), quelques ballets de cour et opéras français, et une pièce mythologique de Calderón privilégiant les effets spectaculaires (El mayor encanto amor en 1635, et sa traduction néerlandaise de 1670).
On étudiera dans un premier temps l'association plus ou moins explicite du volcan avec les épisodes mythologiques codifiés de la forge de Vulcain et du ravissement de Proserpine. On verra que le volcan n'exploite pas simplement le symbolisme de la grotte, hérité de la Renaissance, ni le topos scénographique de la montagne qui s'ouvre, mais qu'il implique une historicisation de la scène et une exhibition de la machinerie du théâtre.
On tentera ainsi de mettre en lumière les mutations éventuelles de la représentation scénographique du volcan au cours du XVIIe siècle, en posant la question de l'influence de l'éruption du Vésuve de 1631, de l'évolution des connaissances scientifiques et de celle des conditions concrètes de la représentation.
Dans un deuxième temps, le volcan sera plus spécifiquement mis en relation avec la figure de la magicienne (d'Alcina et Circé jusqu'à leur avatar masculin des Indes galantes). On examinera notamment la signification du motif de la destruction finale de la scène, en relation avec les machines pyrotechniques du carnaval. On interprètera l'incendie de la scène comme une apothéose et un sacrifice de la féerie, le bûcher final entérinant la captation par la monarchie solaire des pouvoirs de la magicienne.

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