Le pirate dans l'Histoire générale des Voyages : fonction politique et commerciale

L'œuvre de John Green sert à la fois à célébrer la supériorité maritime des Anglais et à prouver l'utilité commerciale des voyages de découverte. Véritable compte-rendu de l'histoire coloniale, elle est traduite en français, hollandais, italien, suédois et russe. Mais pour plaire, elle est aussi adaptée au goût et aux intérêts politiques et commerciaux des lecteurs de ces différentes langues.
Le pirate occupe une place importante dans la conquête de la mer et dans le texte anglais. Tout en respectant sa présence et sa réalité historique, chacun des traducteurs le traitera en fonction de l'attente nationale. Son importance sera accrue ou diminuée, ses actions seront justifiées ou condamnées, il sera héros ou truand, en fonction des alliances politiques et de l'opportunisme commercial de l'époque et du pays de réception.
Un aspect inattendu de l'édition de Paris : elle fut préparée par un traducteur (Prévost) qui était déjà très versé dans l'histoire des voyages pour l'avoir lue et incorporée dans sa propre œuvre romanesque depuis 1733. Il arrive à Prévost de contourner l'interprétation donnée par l'auteur anglais et de puiser aux sources originales lorsqu'un tel retour aux sources convient mieux aux exigences politiques de l'édition de Paris.

Corpus
Green, John, A New General Collection of Voyages and Travels (1744-1747), et ses traductions : l'Histoire générale des voyages (trad. Prévost, éditions de Paris et de La Haye), la Historische Beschryving der Reizen, (La Haye, trad. anonyme) et l'Allgemeine Historie des Reisen zu Wasser und Lande, (trad. J.- J.Schwabe).

Publications sur les voyages
"The 'Astley Collection' and the Dutch Booksellers", communication faite au congrès, The Bookshop of the World, Londres, 1999. À paraître.

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14h30