L'altérité au coeur de l'Europe : passer, penser et représenter les alpes occidentales aux XVIe et XVIIe siècles.

Le voyage des Alpes a été effectué par de nombreuses personnes durant les XVIe et XVIIe siècles pour se rendre "au-delà des monts", en Italie, en France ou en Suisse. Les Alpes représentaient alors des formes d'altérité géographiques, paysagères et ethnographiques, leur image étant fortement connotée : un espace "mal uni & raboteux plein de collines & de montagnes " (Furetière, 1690), avant tout inhospitalier pour les populations exogènes, et s'interposant entre des pôles (culturels, économiques, ou politiques) dynamiques à l'échelle de l'Europe, ce qui justifiait qu'on les traversât. Cette perception commune était parfois confrontée à l'expérience du voyage, la mise en relation d'un espace perçu et de l'espace vécu, le voyage par les Alpes (lieu de passage à défaut d'être une destination) représentant une expérience toujours subjective, expérience physique (le voyage réel) ou intellectuelle (le voyage par procuration dans la bibliothèque). Ces voyages ont parfois donné lieu à des lettres et des récits, ont nourri des cosmographies, ont contribué à faire progresser la cartographie et ont influencé la représentation iconographique des Alpes. Ces productions multiples eurent une influence déterminante dans l'élaboration du système d'images et d'imagerie des Alpes en amorçant la construction conceptuelle de la notion de société et d'espace montagnards dans le contexte de révolution cognitive de l'époque moderne.

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