La dévotion dans les voyages en Italie à la Renaissance : le développement d'un pèlerinage d'occasion ?

A côté des très nombreux récits laissés par les pèlerins de Terre Sainte, les Romeux font pâle figure, malgré le succès attesté des Jubilés de 1550 et de 1600. Parmi les manuscrits actuellement recensés, peu de récits répondent pour Rome au modèle imposé par l'écriture du pèlerinage, en particulier à Jérusalem. Un récit de pèlerinage peut se définir comme le récit d'un itinéraire dont le but explicite est la dévotion à un lieu saint. Le déroulement du voyage est extrêmement ritualisé, et son écriture se caractérise par une soumission totale ou partielle aux modèles de grands prédécesseurs. Sans répondre aux exigences du genre, de nombreux voyageurs à Rome, partis pour des raisons variées, témoignent dans le manuscrit qu'ils laissent de leur voyage, de l'influence exercée par l'écriture traditionnelle du pèlerinage : à l'occasion d'une étape dévote à Lorette ou à Rome, parfois au prix d'un détour volontaire, ce qui rapproche leur démarche de celle de l'authentique pèlerin, ils manifestent leur dévotion en se moulant, l'espace de quelques lignes ou de quelques pages, dans la forme du récit pèlerin. ils renouent brièvement avec les marques les plus spécifiques du genre, puis lâchent leur bourdon lorsque la station s'achève. Le pèlerinage de Rome semble donc l'occasion d'une très grande liberté d'attitude et d'écriture, d'une dévotion personnelle polymorphe qui fait cependant écho au Grand Voyage de Jérusalem.

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