"Deux Anglais voyagent au centre de la France à la veille de la Révolution : Anna Francesca Cradock et Arthur Young"

Au XVIIIe siècle, des Anglais entretiennent des liens étroits avec quelques provinces françaises comme la Normandie, la Touraine et l’Anjou et, plus largement, de nombreux voyageurs d’Outre-Manche traversent alors la France et en particulier le territoire qui correspond à l’actuelle “Région Centre”.

Deux visiteurs ont retenu notre attention : Anna-Francesca Cradock (v. 1750-1816) et l’illustre Arthur Young (1741-1820) qui ont relaté leur passage dans cette contrée à la veille de 1789.

Après un séjour d’une année à Paris, Madame Cradock et son mari entreprennent en octobre 1784 un voyage en France. Le couple descend à Marseille via Fontainebleau et Lyon et remonte par l’Ouest (Montpellier, Bordeaux, Nantes). Puis il longe la Loire jusqu’à Blois et regagne Paris par la route de Vendôme. Anna Cradock raconte spontanément son voyage dans un savoureux Journal qui n’était pas destiné à être publié et qui fut retrouvé tardivement, par hasard.

La situation est toute différente pour Arthur Young. Agronome réputé, il effectue trois voyages successifs en France en 1787, 1788, 1789, dans le but de collecter des renseignements sur l’agriculture et l’état économique de la France. C’est lors de son 1er voyage vers les Pyrénées que Young a traversé en juin 1787 le « Centre » du nord au sud, en passant par la forêt d’Orléans et la Sologne ; puis au retour en septembre de la même année, il a emprunté l’itinéraire ligérien qui lui fit ainsi découvrir d’autres aspects de la région. A la différence de Mme Cradock, Young a publié la relation de son voyage.

Notre propos reste de comparer les itinéraires de ces deux contemporains, une femme et un homme, qui ont en commun d’être Anglais et d’aimer voyager, mais avec des préoccupations et des objectifs somme toute distincts. Quelles contraintes pèsent-elles sur leurs déplacements et la relation qu’ils en font ? Que perçoivent-ils de cette région « Centre » qu’ils traversent, qui la Touraine et le Blésois, qui l’Orléanais et la Sologne, au printemps et à l’automne ? Qu’en disent-ils ? Quelles images en donnent-ils à leurs lecteurs ?

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15h10