Décrire le monde à l’âge de l’humanisme (Italie, XVe siècle)

Nathalie Bouloux (Maître de conférence, Université de Tours) : Décrire le monde à l’âge de l’humanisme (Italie, XVe siècle)

Le XVe siècle est souvent considéré comme l’âge d’un furor geographicus, encadré en amont par la traduction de la Géographie de Ptolémée et en aval par les nouveautés issues des voyages de découvertes. L’intérêt des humanistes pour l’espace se traduit par la production d’ouvrages « géographiques » qui tranchent par leur nombre, leur nature et leurs objectifs par rapport aux travaux réalisés dans les siècles précédents : traités de géographie descriptive (De Europa et De Asia de Pie II, Italia illustrata de Biondo Flavio, Geographia de Sebastiano Compagni), mise en forme de récits de voyage (voyage de Niccolò de Conti inséré par Poggio Bracciolini dans le livre IV du De varietate fortunae) ; émergence du genre nouveau des insulaires ; éditions, traductions et commentaires de textes géographiques antiques (par exemple les Septe giornata della geographia, traduction versifiée en toscan, commentée et augmentée, de la Géographie de Ptolémée par Francesco Berlinghieri). Il serait pourtant exagéré de voir dans cet intérêt éclectique pour l’espace l’émergence d’une nouvelle discipline, une géographie « moderne » consciente d’elle-même et autonome par rapport aux autres savoirs. Pour comprendre le sens de ce furor geographicus, il faut au contraire replacer ces productions nouvelles dans le cadre général du développement de l’humanisme et des caractères propres à cette culture.

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