Le mouvement des frontières

Maison des Sciences de l’Homme, Clermont Ferrand, 24 et 25 octobre 2013
Philippe Antoine, Université Blaise Pascal ("CRLV"/CELIS)
CELIS (Université Blaise Pascal) / "CRLV" Romanisches Seminar (Université de Cologne)

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À la suite des deux rencontres initiées par l’Université de Cologne et le CELIS (Université Blaise Pascal) autour du « brouillage des frontières », se tiendra en octobre 2013 à Clermont Ferrand un colloque sur les représentations de la frontière.

Conçue comme ce qui délimite des territoires, la frontière est à la fois ce qui empêche le passage dans un monde autre et une invitation à découvrir un ailleurs. Les espaces qu’elle sépare sont au demeurant de nature fort diverse. Dans une acception restreinte, la notion renvoie à des entités d’ordre physique, historique, politique et culturel –sachant qu’il n’est pas aisé de faire le départ entre les termes de cette énumération- et que le brouillage des frontières provient aussi de l’absence de coïncidence entre les espaces imposés, pratiqués, perçus ou rêvés. On imagine les difficultés que rencontrerait celui qui voudrait lever une carte sur laquelle figureraient ces différentes contrées et la déception qu’il éprouverait à constater que, sitôt tracées, les frontières deviennent caduques puisque l’espace est aussi pris dans le temps.

C’est à une réflexion sur la labilité des frontières que voudrait inviter le présent colloque en confrontant, dans la littérature, les arts et les sciences humaines, les modalités selon lesquelles se redessinent continûment les lignes de démarcation qui organisent les « espèces d’espaces » que parcourt, habite et crée le sujet –en fonction des préconstruits culturels, expériences et imaginaires singuliers qui façonnent son appréhension du monde-. On aimerait ainsi supposer que le passage de la frontière, dès lors qu’il est figuré par un quelconque artefact (texte, image, carte), mène à la construction provisoire d’un pays et d’une identité susceptibles de se transformer à mesure que changent les repères pris en considération. Le séjour en terres étrangères fait de l’ailleurs un ici et l’exploration de contrées inconnues les rend familières. Dans le même temps, celui qui a passé la ligne découvre d’autres organisations de l’espace qu’il ne pouvait soupçonner en restant en-deçà de la frontière. Il lui reste alors à aller plus avant, à observer comment un même lieu est traversé de multiples fractures ou encore à parcourir ces zones indécises où se rencontrent et se superposent imparfaitement une pluralité de mondes.

Il va sans dire qu’une telle réflexion est indissociable d’une histoire des mentalités ou, pour employer une expression plus neutre, d’imaginaires d’époque. Aussi souhaiterions-nous que s’établisse dans ce colloque un dialogue entre spécialistes de périodes historiques différentes, qui pourront par ailleurs s’inscrire dans des champs disciplinaires divers (littérature, histoire, géographie, arts) et faire porter leur étude de cas sur le medium de leur choix.

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