Octobre/Novembre 2013

Astrolabe N°: 

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Sommaire

DE LA LECTURE A L’ECRITURE : Paul Morand voyageur, lecteur et écrivain

Paul Morand a été un grand voyageur : il a écumé la planète, doublé les caps, enjambé les continents… C’est à juste titre qu’il pouvait se targuer d’avoir connu tous les mondes : les anciens comme les nouveaux. Il a été un grand écrivain : pas seulement parce qu’il a écrit pas moins de quatre‑vingts ouvrages, pas seulement non plus parce que nombre de ses titres se sont écoulés à des dizaines de milliers d’exemplaires, mais d’abord et surtout parce qu’il a cultivé un style à nul autre pareil.

LES MŒURS SIKHES VUES PAR DES VOYAGEURS FRANÇAIS

Des voyageurs français qui ont fait des séjours dans le royaume sikh du Punjab pendant la première moitié du XIXe siècle ont observé le mode de vie des habitants de ce pays. Certains d’entre eux ont fait de courts séjours dans le royaume, d’autres ont passé plusieurs années parmi les habitants. Il y a encore ceux qui ont fait des séjours en Inde mais sans avoir eu l’occasion d’observer les mœurs sikhes. Cependant, plusieurs parmi ces voyageurs ont écrit sur la vie des Sikhs : ainsi le naturaliste Victor Jacquemont et le savant Saint-Hubert Théroulde ont passé, chacun à son tour, un certain temps dans le Punjab. Les généraux Allard et Court ont vécu parmi les Sikhs plusieurs années, au service du maharaja Ranjit Singh. Collin de Bar et Valbezen étaient tous les deux fonctionnaires français. Certains fonctionnaires comme le comte Édouard de Warren, tout en étant au service de la Compagnie des Indes anglaise, se sont tenus au courant de la vie politique et sociale dans le reste du pays et ont fait des commentaires sur les Sikhs

STRATEGIE D’EVITEMENT ET TRAITEMENT FICTIONNEL

Dès ses premières années, le XIXe siècle français est balayé par un souffle orientaliste. Se nourrissant d’un imaginaire collectif en constante progression depuis la seconde moitié du XVIIe siècle, le pouvoir de fascination de l’Orient se renforce, se propage et imprègne la littérature de voyage, essentiellement masculine, jusqu’à aboutir à une nette codification de ses représentations. Nombreux sont les chercheurs à avoir analysé les traits de ce discours dominant unifié et son évolution au cours du siècle, privilégiant généralement pour ce faire le corpus traditionnel des grands auteurs (Chateaubriand, Nerval, Lamartine et consorts). Pourtant, les hommes ne sont pas seuls à parcourir le Levant et à coucher leurs impressions sur le papier : les voyageuses ont également voix au chapitre. Longtemps ignoré, le vaste pan féminin de la production viatique est aujourd’hui peu à peu réhabilité.