Mai/Juin 2014

Astrolabe N°: 

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Sommaire

REVENIR, SE SOUVENIR, ÉCRIRE : LE RÉCIT DE VOYAGE BEAUVOIRIEN

Simone de Beauvoir, écrivaine engagée, philosophe, romancière, est aussi une voyageuse infatigable. Elle a parcouru des kilomètres de routes, escaladé bien des monts, a osé se glisser dans quelques eaux. Pourtant, elle est toujours revenue à Paris. Pourquoi ? Nous aimerions nous interroger sur les raisons qui la poussent à regagner la capitale, ainsi que sur la manière dont elle transmet ses souvenirs de voyage dans ses mémoires.

L’ORIENTALE DES ROMANTIQUES

Le voyage en Orient a constitué, dans la première partie du XIXe siècle, un phénomène auquel ont pris part la majorité des auteurs romantiques. Certes, plusieurs raisons notamment d’ordre politique, esthétique… – ainsi que les dénombre Jean Claude Berchet dans son Anthologie des voyageurs français dans le Levant au XIXe siècle – éclairent ce phénomène, mais les motivations personnelles avaient aussi une part importante dans l’explication de la ruée vers l’Orient à cette époque. Contrairement aux siècles précédents, on ne parlera désormais d’Orient qu’après l’avoir visité. Ainsi, qu’il s’agisse de Chateaubriand, de Lamartine, de Nerval, de Flaubert ou de Gautier, le voyage en Orient a eu lieu à une époque critique de leur existence, et son empreinte est perceptible dans leur œuvre consécutive au voyage.

LE DEUXIÈME VOYAGE DE FRANCIS TALLENTS EN FRANCE ET EN SUISSE (1671-1673)

Est-il vraiment nécessaire de rappeler, après plusieurs chercheurs du CLRV[2] qui s’y sont intéressés, que le Grand Tour, voyage d’étude et d’agrément à travers l’Europe, connut son apogée aux XVIIe et XVIIIe siècles et fut surtout le fait des jeunes élites anglaises. Celles-ci y bénéficiaient, comme dans le cas qui nous intéresse ici, de la présence d’un tuteur érudit très souvent huguenot et avec qui elles communiquaient surtout en français, parfois en latin. L’influence de l’enseignement de tels maîtres et des rencontres occasionnées par le Grand Tour sur le terreau favorable que constituait l’intelligence précoce de leurs jeunes élèves aura été déterminante dans la consolidation de la République des Lettres ainsi que dans l’émergence d’une philosophie originale qui permit une évolution, sans heurts majeurs, des Lumières anglaises.

LE CORPS ET L’ESPRIT EN VOYAGE

L’ouvrage édité par Christine de Buzon et Odile Richard-Pauchet reprend l’intitulé des journées d’étude qu’elles ont organisées à l’Université de Limoges, les 11 et 12 octobre 2010, et présente douze contributions analysant des récits – émanant de rédacteurs divers quant à leurs origines et à intentions – de voyages thérapeutiques en Europe, en Turquie et au Proche-Orient, depuis l’antiquité jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

IN VIAGGIO CON BOCCACCIO

Raffaella Cavalieri nous a présenté dans le passé ses études sur les grands écrivains du Duecento et du Trecento italien : après Dante et Pétrarque, voici sa nouvelle étude, qui clôt la trilogie, sur Boccace et sur le Décaméron analysé comme œuvre littéraire viatique. En partant de Certaldo, la ville où Boccace a demeuré dans les dernières années et où il est mort, Raffaella Cavalieri nous accompagne dans un voyage à travers la Méditerranée et l’Orient, en suivant le fil rouge des nouvelles et en faisant entrer le lecteur dans la société médiévale des marchands et des pèlerins.